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Discours de MICHAËLLE JEAN à la 2e Conférence des jeunes francophones à Genève

Discours de MICHAËLLE JEAN à la 2e Conférence des jeunes francophones à Genève

Monsieur le Sous-secrétaire général des Nations unies et Directeur général de l’Office des Nations Unies à Genève,

Monsieur le Représentant personnel du Président de la Confédération suisse,

Monsieur le Secrétaire général de la CONFEJES,

Monsieur le Secrétaire général parlementaire de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF),

Monsieur le Directeur exécutif d’ONUSIDA,

Monsieur le Secrétaire général de l’union interparlementaire,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Monsieur le coordonnateur de la PIRJEF,

Chères et chers amis,

Quel plaisir de vous rencontrer ou de vous revoir aujourd’hui, à Genève, pour ouvrir ensemble la deuxième conférence internationale des jeunes francophones !

Quel plaisir de vous souhaiter la bienvenue sur cette terre de paix, la Suisse, dans cette ville-berceau de la Société des Nations où souffle le bien nommé « esprit de Genève » depuis le Palais des Nations, ce haut lieu de promotion des droits humains.

Le lieu est chargé d’histoire et le moment de votre rencontre est important, hautement symbolique.

Genève hérite en effet sa tradition diplomatique de l’arbitrage dit « de l’Alabama », obtenu en 1872, qui aboutit à la première solution pacifique d’un différend entre les Etats Unis et le Royaume Uni. Et c’est elle qui fut choisie pour accueillir le siège de la Société des Nations, après sa création en 1920, pour préserver la paix en Europe après la première guerre mondiale.

Vous êtes ici dans l’un des berceaux de la diplomatie internationale contemporain.

Vous êtes rassemblés ici aujourd’hui alors que se tient, juste au-dessus, le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.

Sous la présidence de Michelle Bachelet, avec laquelle nous nous sommes entretenus ce matin et à qui je rends hommage, les Nations examinent ces jours-ci les violations intolérables aux Droits humains infligées en Syrie, au Yémen, au Burundi, en Birmanie, au Nicaragua ou encore au Vénézuela.

Et c’est ici, dans ces temps de grandes tensions et fractures, que vous allez porter ensemble la parole forte de la jeunesse francophone pour appeler chacune et chacun à ses responsabilités. Vous allez porter le plaidoyer de la jeunesse francophone pour nous atteler collectivement à choisir la voie qui nous permettra de « vivre libres ensemble ».

Je sais les difficultés ce que nombre d’entre vous avez rencontrées pour arriver jusqu’à nous aujourd’hui. Vous n’êtes pas égaux face au principe de libre circulation dans le monde, c’est une injustice que je n’ai de cesse de dénoncer.

Mais vous êtes là !

Votre présence et votre ténacité nous obligent ! Et je remercie les autorités suisses qui, parfaitement conscientes de cet enjeux, ont redoublé d’efforts pour faciliter votre venue.

Permettez-moi en effet de leur exprimer toute ma gratitude, non seulement pour leur parfaite coopération, mais aussi pour leur soutien financier, ainsi qu’à la Bulgarie pour leur généreuse contribution.

Je voudrais aussi remercier l’Office des Nations Unies à Genève, ainsi que tous les partenaires de cette Conférence, les experts et intervenants qui ont accepté de nous rejoindre et sans lesquels aucun de nous ne serait ici aujourd’hui.

Permettez-moi également de saluer avec vous les artistes et les lauréats, les membres du Comité de rédaction, ainsi que les organisateurs et tous les jeunes bénévoles qui se sont impliqués activement pour la réussite des travaux que vous conduirez dès les prochaines heures.

Je reviens tout juste d’Erevan, la capitale de l’Arménie, où j’ai rencontré la société civile francophone réunie dans le cadre de la conférence des Organisations non gouvernementales, nationales et internationales de la Francophonie.

J’ai aimé rencontrer cette jeunesse courageuse, digne et pleine d’espoir, si fière d’avoir porté, de façon pacifique et responsable, cette « révolution de velours » au nom des valeurs de liberté et de solidarité qui l’anime.

Ce mouvement fait écho à l’aspiration citoyenne d’autres jeunesses de notre espace. De la Tunisie au Sénégal, du Burkina Faso à la République Démocratique du Congo pour ne citer que quelques exemples, la jeunesse francophone se dresse pour que soient reconnus et respectés sa profonde et légitime aspiration à prendre toute sa part à la destiné de nos sociétés.

Je crois sincèrement que nous assistons à un mouvement de fond, loin des conjonctures et des circonstances.

Un changement des équilibres qui appelle à un nouveau mode de gouvernance de nos sociétés, assurément plus participatif, plus inclusif et plus collaboratif.

Vous avez raison de vous engager dans cette voie, essentielle pour votre génération et pour celles qui vous succèderont.

Vous avez raison car c’est votre droit bien sûr, mais aussi parce que c’est votre responsabilité !

Vous êtes pour nous en Francophonie la « Génération Libres ensemble » celle qui doit avoir pleinement voix au chapitre !

Celle qui doit pouvoir revendiquer le respect des droits et des libertés !

Dans cette noble enceinte onusienne, j’en appelle à tous mes homologues, hauts responsables d’organisations internationales, mais également aux hauts dignitaires politiques, pour que votre volonté soit écoutée, entendue et suivie d’effets.

En cela, vous me trouverez toujours à vos côtés.

Votre engagement est essentiel pour réaliser notre ambition collective. Celle-la même qui est définie par la Charte de la Francophonie. Il s’agit bien, je cite, d’aider « à l’instauration et au développement de la démocratie, à la prévention, à la gestion et au règlement des conflits, et au soutien à l’État de droit et aux droits de l’Homme ; à l’intensification du dialogue des cultures et des civilisations ; au rapprochement des peuples par leur connaissance mutuelle ; au renforcement de leur solidarité par des actions de coopération multilatérale en vue de favoriser l’essor de leurs économies ; à la promotion de l’éducation et de la formation ».

Ce mandat, notre mandat, demeure d’une actualité évidente. Nous le portons au quotidien.

Mais sans vous, sans votre apport, rien n’est possible.

Car la Francophonie c’est vous.

Et, il ne s’agit pas d’une simple formule quand on sait que dans la majorité des pays de l’espace francophonie 60% de la population a moins de 25 ans !

Dans ce monde de toutes les fractures, dans ce monde qui se cherche, vos idées, vos aspirations, votre engagement peuvent faire la différence.

C’est tout le prix de la Déclaration à laquelle vous allez vous atteler durant ces trois jours et que vos représentantes et vos représentants porteront devant les Chefs d’État et de gouvernement au XVIIè Sommet de la Francophonie le 11 octobre prochain à Erevan.

Vous êtes attendus !

Le thème choisi par l’Arménie « Vivre ensemble dans la solidarité, le partage des valeurs humanistes et le respect de la diversité : Source de paix et de prospérité pour l’espace francophone », vous parle et parle de vous.

Et l’un des sujets qui vous tiennent à cœur et que vous avez décider d’approfondir, avec un vrai sentiment d’urgence est « L’inclusion économique et financière des jeunes ».

Lors de vos travaux, vous serez également instruits de l’état de préparation de l’ « Appel francophone d’Erevan pour le vivre ensemble ». Cet « Appel » politique des Chefs d’Etat et de gouvernement est en cours de rédaction sur la base des 2000 contributions adressées à l’OIF par la jeunesse francophone, dans le cadre de la consultation que nous avons organisée auprès de vous, au mois de mai dernier, avec l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, les opérateurs et les conférences ministérielles de la Francophonie, la PIRJEF et les trois offices de la jeunesse franco-québécoises et de Wallonie Bruxelles.

Vous le comprenez clairement : notre parti pris consiste à vous associer pleinement à ce moment clé de notre processus de décision.

Nous en avons pris l’engagement lors du XVè Sommet de la Francophonie, à Dakar en 2014 avec l’adoption de la « Stratégie jeunesse de la Francophonie » et l’aide à la création de la PIRJEF.

Nous avons collectivement franchi une première étape lors du XVIè Sommet d’Antananarivo.

À vous maintenant, chers amis de nous éclairer, de nous bousculer, de nous inspirer…

Je vous souhaite de fructueux débats!

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